Mariel Sigogneau, mère de famille et auteure

Elle a notamment écrit la trilogie de le Petite Fée, recueil de poésie en hommage à ses filles, ainsi que « La clé d’un bonheur caché ». C’est également l’auteur de « La môme des 4000″, sélectionné pour le concours Lions club 2019 – Prix de littérature île de France est.

Le mardi 17 décembre dernier, bravant les grèves de Paris, je retrouve Mariel fraîche et naturelle qui m’accueille dans son charmant appartement. Dans cette interview, elle nous raconte son parcours atypique dans l’écriture. « J’ai arrêté l’école à 16 ans, […] j’écris avec le cœur. »

 

 

Alors Mariel, peux-tu te décrire en trois mots ?

Moi d’aujourd’hui ? Je suis comme un papillon. Je fais ce que je veux, quand je veux. On ne me met plus dans une cage même si elle est dorée. Je décide de ma propre vie et aujourd’hui je ne veux plus me laisser influencer par qui que ce soit.

Avant, j’étais une maman et une petite femme docile, qui va travailler qui rentre et qui fait tout ce qu’il y a à faire. Le moi qui s’est révélé il y a neuf ans n’est pas du tout la même que celle d’avant. Aujourd’hui, je suis plus coquette, je pense à moi, j’écris, je peins sans qu’on me juge. J’ai 60 ans, je n’ai plus à prouver quoique ce soit. Je profite de MA vie, pas de la vie.

Peux-tu nous parler de la trilogie de la Petite Fée ?

(Les poèmes de Petites Fée, Vers le doux chemin de mes mots, A l’aube où ma plume s’endort sont des recueils de poesies)

 

Ce sont surtout mes ressentis après mon divorce que j’ai mis sur des feuilles. J’ai commencé à en mettre sur des groupes de poésie. Quand j’ai commencé à avoir des retours, je me suis dit « Woaw ». On me dit que celui-ci est magnifique, que celui-là donne la larme à l’œil. Et moi, je fonctionne à l’instinct, je sais qu’il a quelque chose qui met sur une voix quand on doit y être. Et puis autour de moi, il commence à y avoir des décès et je me suis dit, si ça m’arrive, qu’est-ce que je laisse à mes enfants ? Et puis j’ai eu l’idée de faire de mes poésies trois recueils pour mes filles. Un chacune, un genre d’hommage. Ça a commencé comme ça et j’y suis arrivée avec trois ans d’effort. Pour les auto-éditer, j’ai fait des boulots à part. J’ai fait moi-même les dispositions et les couvertures. Je sais plus si tu as vu, mais les couvertures se sont les dessins de mes filles !

J’avais posté une photo de ces livres. Et des gens ont commencé à me chercher, je ne comprenais pas. Ce n’était pas des livres à disposition, mais c’était pour mes filles. Ils m’ont demandé s’ils pouvaient les prendre. J’ai eu beaucoup de retours de ce genre. Alors avec l’accord de mes filles, j’ai décidé de les partager à ceux qui les voulaient.

 

Comment ça s’est passé ?

Avec Facebook, de bouche à oreille. Et dès que j’en finançais un, les gens en commandaient et me demandaient pour le deuxième ! Mais je leur disais « attendez, je viens seulement d’en financer un ». Et ils m’ont proposé comme ça de payer d’avance pour le prochain ! En fait j’ai vraiment eu une petite étoile. C’est comme ça que j’ai fait les trois et on m’a demandé un quatrième. (La clé d’un bonheur caché) Et celui-ci, c’est la femme qui parle et non plus la maman.

 

Et la môme des 4000 c’est quoi ?

(roman autobiographique qui relate l’histoire d’une jeune fille Marie et de son combat pour le bonheur au milieu de la Courneuve)

 

Et bien à force d’écrire et de réussir à m’en remettre (j’ai mis 5 ans), je me suis dit est-ce que ce secret (: celui qui est dans la môme des 4000) que je garde depuis aussi longtemps, je vais réussir à en parler ? Je l’ai révélé à mes filles. Je leur ai dit que je voulais aussi raconter ce livre. Elles m’ont dit qu’elles étaient fières de moi et m’ont encouragé. Et là j’ai ouvert l’ordinateur et La môme des 4000 est sorti.

 

Et comment s’est passé l’écriture de ce livre ?

Ça a été dur. Ça n’a pas été dur tant que je racontais mon enfance. J’en rigolais même parce qu’y’a des souvenirs qui revenaient. Mais plus je racontais, plus les années passent. Et à un moment, tu ne peux pas passer de cette joie d’arriver dans une cité et faire abstraction à ce qui est arrivé et de continuer. Alors j’ai pris sur moi et j’ai attaqué. Par contre, j’ai construit le livre de façon à ce que ça ne soit pas une continuité. Un déclenchement en fait, à l’hôpital. C’est grâce à cette femme-là (la compagne de chambre de Mariel à l’hôpital pour son accouchement) que j’ai passé ces démons-là.

C’est ma première confidente, celle qui a réussi à comprendre pourquoi je pleurais alors que je venais d’avoir une petite fille. À l’époque on restait 8 jours à l’hôpital et elle ne comprenait pas pourquoi toutes les nuits je pleurais et après lui avoir raconté, elle m’a dit qu’elle comprenait finalement.

 

Qu’est-ce qui a été le plus dur durant l’écriture de ton livre ?

Ce sont les détails des événements tragiques qui me sont arrivé. Devoir me les remémorer. Au départ, ce n’était pas aussi cru. J’ai pris un peu de temps et j’ai repris la scène avec les détails. Je l’avais caché pendant 40 ans !

 

Par rapport à la môme, tu as écrit à la troisième personne. Est-ce que c’était fait exprès pour mettre une distance ?

Oui. C’est comme la poésie, ce n’est pas moi, c’est la petite fée. Je me mets toujours en retrait et d’ailleurs, j’accepte d’être auteure depuis pas si longtemps que ça !

 

Quel était ton rapport à l’écriture avant ces livres ?

Aucun

 

Est-ce que tu étais bonne à l’école en français ?

Non, j’ai quitté l’école à 16 ans. J’étais nulle, nulle en orthographe et grammaire. Et à 16 ans, je venais de redoubler ma première et on m’a demandé de refaire une troisième fois ma première. Comme j’avais 16 ans et que je n’étais plus obligée, j’ai arrêté. Mais je n’ai jamais écrit. Je n’étais même pas bonne en rédaction.

En fait l’écriture, y’a pas besoin de faire un bac L. Si tu as l’imagination, et si tu as envie, tu peux écrire. On me demande si j’ai étudié et je leur réponds que non, j’écris avec le cœur. Mo, je ne voulais absolument pas qu’on me remanie. Mon éditrice ne l’a pas remanié, on m’a corrigé, mais le texte, c’est le mien. Et le suspense est venu naturellement.

 

Et ça te fait quoi d’avoir écrit ce livre ?

Ah ben, je ne dirais pas de la fierté, mais une belle revanche sur des gens qui m’ont toujours dit que je serai nulle. Parce que pour eux comme je n’avais pas fait d’études, je n’y arriverai pas.

 

Et tu as aussi été sélectionnée ?

Ah le choc ! Je n’ai rien compris. J’ai vu une masse de personne arriver vers moi. On me présente le maire et on me félicite. Et j’ai su que mon livre avait été sélectionné pour être dans un concours ( : concours littéraire Lions Club île de France est 2019) et avait été élu 3ème. En février, je saurai lequel aura gagné. Depuis que j’ai eu tous ces rubans bleus, les gens font la queue ! Mais j’ai pas de mot en fait. Je ne pensais pas qu’il allait plaire autant.

 

Et tu as d’autres projets ?

Oui, la suite. Il parle de la môme adulte. Ma relation avec mon Paul. Les événements qui me sont arrivés durant cette période. Sans ça, j’aurais été une femme banale. Mais je ne regrette rien.

 

Où peut-on te suivre ?

Sur ma page Facebook trilogie de la petite fée, sur Instagram ici.

 

Un mot pour ceux qui n’osent pas se lancer dans l’écriture ?

Oser ! Ne vous découragez pas, n’écoutez pas votre entourage et osez ! C’est le cœur qui vous guidera.

Merci Mariel !

Mariel Sigogneau et moi